Guide · Temps de travail · LTr et CCNT

Quelles pauses et quels repos la loi impose-t-elle ?

La loi sur le travail impose une pause d'au moins un quart d'heure au-delà de cinq heures et demie de travail, d'une demi-heure au-delà de sept heures, et d'une heure au-delà de neuf heures (art. 15 LTr) ; un repos quotidien de onze heures consécutives (art. 15a) ; et une journée de travail comprise, pauses incluses, dans un espace de quatorze heures (art. 10). Le dimanche est un jour de repos, sauf autorisation ou dérogation de branche. Dans l'hôtellerie-restauration, la CCNT ajoute deux jours de repos par semaine, compensables dans les quatre semaines (art. 16). Ces règles se vérifient depuis les timbrages.

Par
Julien Beney, fondateur de Planifi
Mis à jour le

Quelle pause pour quelle durée de travail (art. 15 LTr) ?

Durée de travail de la journéePause minimaleBase
jusqu'à 5 h 30aucune pause obligatoireart. 15 al. 1 LTr
plus de 5 h 3015 minutesart. 15 al. 1 let. a
plus de 7 h30 minutesart. 15 al. 1 let. b
plus de 9 h1 heureart. 15 al. 1 let. c
restauration, journée de plus de 5 hpause repas d'au moins 30 minutesart. 15 ch. 2 CCNT

La pause se place vers le milieu de la journée ; si la demi-journée dépasse cinq heures et demie, une pause supplémentaire est due (art. 15 al. 2). Une pause pendant laquelle le travailleur ne peut pas quitter son poste n'en est pas une : elle compte comme du travail (art. 18 al. 5 OLT 1).

Combien d'heures de repos entre deux journées (art. 15a) ?

Onze heures consécutives. Une fois par semaine, ce repos peut descendre à huit heures, à condition que la moyenne sur deux semaines atteigne onze heures (art. 15a al. 2). Le cas typique est le service du soir suivi du petit-déjeuner : fermeture à 0 h 30, reprise à 6 h 30, c'est six heures de repos — admissible une fois dans la semaine si les autres nuits compensent, pas deux.

Exemple

Lundi : fin à 23 h 30, reprise mardi à 7 h → 7 h 30 de repos (réduit, la première fois de la semaine). Mardi : fin à 23 h, reprise mercredi à 7 h → 8 h. La deuxième réduction n'est plus admise ; la semaine est en infraction, même si la moyenne finit par atteindre onze heures.

Dans quelle plage la journée doit-elle tenir (art. 10) ?

Le travail de jour va de 6 h à 20 h, le travail du soir de 20 h à 23 h ; au-delà, c'est du travail de nuit, soumis à autorisation sauf dérogation de branche (hôtels et restaurants, boulangeries, hôpitaux — OLT 2). La journée de chaque travailleur, pauses et heures supplémentaires comprises, tient dans un espace de quatorze heures (art. 10 al. 3). Un service coupé de 9 h à 23 h 30 fait 14 h 30 d'amplitude : trop long, même avec quatre heures de pause au milieu.

Combien de jours de repos par semaine ?

La LTr repose sur le dimanche (du samedi 23 h au dimanche 23 h, art. 18) et sur une demi-journée de congé par semaine quand le travail est réparti sur plus de cinq jours (art. 21). La CCNT va plus loin pour l'hôtellerie-restauration : deux jours de repos par semaine (art. 16 ch. 1), en moyenne, dont les jours manquants se compensent dans les quatre semaines (ch. 3) — douze dans un établissement saisonnier. Un demi-jour de repos suppose au plus cinq heures de travail (ch. 2). À la sortie, un repos non compensé vaut 1/22 du salaire mensuel (ch. 4).

LTr (toute entreprise)CCNT (hôtellerie-restauration)
Repos hebdomadairele dimanche ; une demi-journée en plus si travail sur plus de 5 jours2 jours par semaine, en moyenne
Compensation d'un repos manquérepos compensatoire (art. 20)dans les 4 semaines (12 en saisonnier)
Demi-jourart. 21 : demi-journée de congéau plus 5 heures de travail ce jour-là
Jours consécutifs—7 au plus, puis 83 h de repos
Repos non compensé à la sortie—1/22 du salaire mensuel par jour

Ce que Planifi signale depuis les timbrages.

Planifi lit les timbrages appariés d'une journée et signale trois choses : une pause manquante (15 minutes au-delà de 5 h 30, 30 au-delà de 7 h, une heure au-delà de 9 h — une interruption de moins de 15 minutes ne compte pas ; une seule plage longue est marquée « sans pause timbrée »), une amplitude de plus de 14 heures, et un repos de moins de 11 heures depuis la journée précédente. En restauration, il compte les deux repos par semaine et signale un déficit non compensé sous quatre semaines. Toujours en signal, jamais en blocage : la personne a réellement travaillé, ses heures sont comptées.

Questions fréquentes

La pause est-elle payée ?

Non par défaut : une pause est du temps libre. Elle compte comme du travail — donc payée — si le travailleur n'est pas autorisé à quitter sa place de travail (art. 18 al. 5 OLT 1), par exemple un réceptionniste seul qui mange à son poste.

Peut-on couper la pause d'une heure en deux fois ?

Oui : la loi fixe une durée totale (une heure au-delà de neuf heures) et exige que la pause soit placée vers le milieu du travail (art. 15 al. 2 LTr) ; elle peut être fractionnée, mais une interruption trop courte n'est pas une pause.

Le repos de 11 heures peut-il être réduit ?

Une fois par semaine, à 8 heures, si la moyenne sur deux semaines atteint 11 heures (art. 15a al. 2 LTr). Dans les hôpitaux et cliniques, l'OLT 2 (art. 9) autorise 9 heures sous condition de moyenne.

Combien de jours de suite peut-on travailler en restauration ?

Sept au plus (art. 16 ch. 5 CCNT), à condition de ne pas dépasser 9 heures par jour et de bénéficier ensuite de 83 heures de repos consécutives. Les deux repos hebdomadaires manquants se compensent dans les quatre semaines.

Une autre question ? contact@planifi.ch répond.

Dernière vérification des textes : 6 septembre 2026. Une donnée périmée ? Écrivez-nous, on corrige.

Les pauses se timbrent. Le reste se calcule.

Quatre scans par jour pour un service coupé, et la loi sur le travail se vérifie toute seule, jour après jour.

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